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Les Amandiers

Fougue et passions vécues par la troupe de l'école du théâtre des Amandiers de Nanterre fondée par Patrice Chéreau et Pierre Romans en 1986. Vibrant !

La réalisatrice du film Valeria Bruni-Tedeschi, qui a été élève de Patrice Chéreau, nous plonge à la fin des années 80, au cœur de la vie d’une bande d’apprentis comédiens, pensionnaires de l’école du Théâtre des Amandiers: «C’est l’expérience du théâtre de Nanterre, avec Patrice Chéreau, Pierre Romans et tous les élèves de l’école, cette espèce de huis clos dans lequel on a été pendant deux ans, qui a été fondamental et fondateur pour toute ma vie d’actrice.»

«Les Amandiers» | Synopsis

Fin des années 80, Stella, Etienne, Adèle et toute la troupe ont vingt ans. Ils passent le concours d’entrée de la célèbre école créée par Patrice Chéreau et Pierre Romans au théâtre des Amandiers de Nanterre. Lancés à pleine vitesse dans la vie, la passion, le jeu, l’amour, ensemble ils vont vivre le tournant de leur vie mais aussi leurs premières grandes tragédies.

«Les Amandiers» | Autres voix

«La mise en scène très agile de Valeria Bruni Tedeschi parvient à tisser le théâtre et l’existence de chacun dans un permanent va-et-vient, où le tragique et la légèreté se font la courte échelle. Que ce film est vivant !» Bande à part | «Parce que agit comme une machine à remonter le temps, qui se serait changée en un accélérateur de particules et nous ferait éprouver tous les sentiments, tous les états en deux heures de projection – une expérience renversante, électrisante avec picotements sous la peau.» Les Inrockuptibles | «Les apprentis comédiens jouent ensemble, s’aiment aussi, se disputent, se dévorent, font l’amour… On n’entre pas aux Amandiers comme dans n’importe quelle autre école. A ne pas manquer.» Le Monde

Née le 16 novembre 1964 à Turin en Italie, Valeria Bruni-Tedeschi baigne dans un milieu artistique grâce à un père compositeur et industriel et une mère comédienne et pianiste. Sa famille s’installe en France en 1973. Durant sa scolarité, Valeria suit des cours de théâtre et obtient ses premiers rôles à la télévision et au théâtre dès 1983. C’est en 1993 que son talent se révèle dans «Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel», qui lui permet d’obtenir le César du Meilleur Espoir Féminin en 1994. Sa carrière démarre alors et la belle tourne pour de grands noms tels que Patrice Chéreau, Claude Chabrol ou Bernardo Bertolucci. L’actrice s’essaie également à la réalisation : en 2002, elle réalise «Il est plus facile pour un chameau…» qui obtient le Prix Louis-Delluc du meilleur premier film en 2003, puis «Actrices» en 2007, récompensé par le prix spécial du jury Un Certain regard du Festival de Cannes 2007 et «Un château en Italie» en 2013. En mai 2016, l’actrice est à l’affiche de «Ma Loute», comédie réalisée par Bruno Dumont sélectionnée en compétition officielle du 69ème Festival de Cannes. En mai 2022, son 5ème long-métrage «Les Amandiers» est sélectionné en compétition officielle du 75ème Festival de Cannes.

Critique par Ondine Perier
La réalisatrice puise dans ses souvenirs de l’année fondatrice où elle intégrait l’école des Amandiers en 1986 pour livrer un film romanesque et endiablé sur l’apprentissage du théâtre sous la tutelle du maître Patrice Chéreau. Son double à l’écran, Stella, est incarné de manière époustouflante par la jeune Nadia Tereszkiewricz qui crève littéralement l’écran.

Une fougue incroyable, l’élan d’une jeunesse assoiffée de vie
Avant même le générique, le film démarre sur des auditions de théâtre : quelques professionnels, dont Pierre Romans au centre, évaluent les prestations de comédiens en herbe, on sent déjà l’énergie fiévreuse qui les animent. Seuls douze seront retenus et auront la chance d’être formés à l’école des Amandiers et de jouer dans le théâtre, dirigé par l’illustre Patrice Chéreau dont la simple évocation provoquait des spasmes d’admiration chez ces apprentis comédiens. L’amour et le sexe s’invitent rapidement dans la troupe des Amandiers. Les cigarettes se consument à longueur de journée et de nuit, le théâtre devient un refuge et sa troupe une famille au sein de laquelle tout est vécu avec une intensité folle.

Le collectif réuni autour de la passion du théâtre
Les membres de la troupe, s’ils sont issus de milieux très différents, ont tous une personnalité et une passion dévastatrice pour le théâtre. Ces jeunes gens développent vite un esprit de troupe et une solidarité d’autant plus vive qu’ils se retrouvent confrontés à la maladie du Sida qui rôde derrière chaque aventure et à la tentation de la drogue qui circulait facilement. «La nécessité du jeu» – scandée par Patrice Chéreau – devient un dénominateur commun, les élèves mettent leurs émotions les plus vivaces au service de leur travail : on pleure on hurle on s’embrasse à pleine bouche, tout est hystérisé aux Amandiers. Ce besoin fougueux est ressenti de manière sensorielle dans le film : les élèves se dévoilent corps et âmes lors des répétitions, comme possédés et appliquent avec un abandon total les méthodes de la célèbre école new-yorkaise Actors Studio. Les répétitions de Platonov donnent lieu à des scènes de grande tension et de joie intense, filmées avec une grande maestria entre tourbillon de vie et leçons de jeu et d’humilité prodiguées par un Chéreau-Garrel à la fois redoutable et paternaliste.

Une histoire d’amour passionnelle et destructrice
Valeria Bruni-Tedeschi mêle l’intime au collectif à travers son histoire d’amour soit celle dans le film de Stella pleine de vie, issue d’un milieu ultra-privilégié et Etienne l’écorché vif, héroïnomane de la bande. La caméra de Julien Poupard si elle virevolte lorsqu’elle capte le collectif, prend davantage son temps pour filmer la romance passionnelle et destructrice des deux comédiens. La chimie entre les deux jeunes acteurs Nadia Tereszkiewricz et Sofiane Bennacer opère immédiatement. Ils représentent une jeunesse de l’époque, libre et insouciante, l’amour à haut risque, la passion douloureuse mais irrésistible.

Un hommage au grand Patrice Chéreau et à Pierre Romans
Campé par Louis Garrel, Patrice Chéreau apparaît comme un dieu pour ses élèves. Il ne ménageait jamais ses élèves : «Je vous préviens je ne pourrais pas être démocrate avec vous» au moment crucial de la distribution des rôles ou encore la scène où il invective une jeune actrice « je ne suis pas ému par toi ». La fascination qu’il inspirait, son anxiété, son obstination et toute sa complexité sont magistralement incarnées par Louis Garrel qui prouve à nouveau l’amplitude de sa palette de jeu. Sa dévotion au théâtre et son exigence jaillissent à chaque réplique: «Vous avez une responsabilité quand vous jouez, c’est la vie que vous êtes censés représenter.» Quant à Micha Lescot, acteur de théâtre surdoué, il interprète tout aussi brillamment Pierre Romans, l’outsider magnifique, et lui apporte un charme nonchalant et touchant. Ils illustrent parfaitement les mots de la réalisatrice sur ses mentors : «Patrice comme Pierre restent très présents en moi. Par la suite, j’ai eu du mal à faire du théâtre pendant longtemps parce que c’était tellement puissant avec eux.»

«Les Amandiers» est une œuvre romanesque et bouillonnante qui rend hommage à cette poignée de jeunes comédiens investis et exaltés, au génie mais aussi à l’irrévérence de son directeur et à l’âme des Amandiers, école pas comme les autres, « centre culturel de l’Europe» comme le dit un des personnages du film. Enfin le film célèbre la magie du jeu et sa puissance cathartique pour affronter les drames de la vie. Un film résolument vivant !

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